Piraterie maritime - zones dangereuses et conseils de navigation

Piraterie maritime - zones dangereuses et conseils de navigation

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La piraterie maritime moderne ne fait pas de distinguo, elle prend pour cibles des navires de commerce, de pêche, comme des bateaux de plaisance et ne fait pas de sélection en fonction du pavillon du navire pris pour cible. Mais les bateaux de plaisance et voiliers de fait de leur lenteur, sont des proies faciles, car vulnérable.

Les actions sont généralement violentes car les pirates n’hésitent pas à utilise des fusils d’assaut ou lance-roquettes, ils  exercent des pressions sur les équipages pour obtenir gain de cause. Les actes de piraterie se se produisent généralement en pleine mer mais également dans les ports, aux points de mouillage et le long des côtes.

Le but des pirates est de contrôler rapidement le navire pour s'emparer tout ou partie de la cargaison et surtout négocier une rançon pour le navire et son équipage. Les prises d’otages sont systématiques dans l’Océan Indien et de plus en plus fréquentes dans le golfe de Guinée. Les périodes de captivité peuvent durer plusieurs semaines ou mois et sont éprouvantes. Plusieurs décès d'otages ont été signalés tant en Océan Indien que dans le golfe de Guinée. S’agissant de la piraterie dans l’Océan Indien, la durée moyenne de détention est supérieure à six mois.

Actuellement la piraterie connaît une accalmie apparente dans l’Océan Indien, mais des groupes de pirates y demeurent actifs et le risque reste toujours présent tant que la situation économique et politique de la Somalie ne sera pas résolue.

Parallèlement, la piraterie progresse dans le golfe de Guinée, principalement au Nigéria, avec des modes d’actions agressifs et un grand rayon d’action. Le risque piraterie demeure stable dans le détroit de Malacca et dans le sud de la mer de Chine méridionale.

Nombre d'actes de piraterie par pays dans les eaux territoriales en 2017

En 2017

Une étude annuelle du Bureau Maritime International montre qu’en 2017, 180 actes de piraterie ont été recensés dans le monde, soit 11 de moins qu’en 2016. La zone la moins sûre du globe reste l’Asie du sud-est. Cc’est le constat qui ressort de l’étude annuelle du Bureau International Maritime (BIM) basé à Londres. Entre janvier et décembre, 180 actes de piraterie réussis ou tentés ont été recensés à travers le globe. Les actes de piraterie ont donc diminué cette année encore, enregistrant sa 5ème année de baisse après des années 2014, 2015 quasi stables. Depuis 2013, la piraterie a baissé d’environs 30 % sur l’ensemble de la planète.

Trois régions du monde restent toutefois des endroits sensibles pour la navigation maritime. Avec en premier lieu, l’Asie du sud-est où pas moins de 76 actes ont été déclarés, soit 42 % des attaques du globe. Le pays le plus risqué pour les navires reste l’Indonésie avec 43 actes de piraterie suivi des Philippines, avec 22 attaques.

Menace toujours présente des pirates somaliens

L’autre point sensible du monde reste l’Afrique avec 57 attaques enregistrées sur le continent. La grande majorité d’entre eux se situent au large du Nigeria, avec 33 actes recensés. À l’est du continent, la Somalie continue de voir les pirates sévir sur leurs côtes. Seuls six événements figurent dans le rapport mais, ils ont été, à chaque fois d’une rare violence.

De plus, d’autres actes dans la région sont imputables aux pirates somaliens car ils agissent souvent au large et alors que les bateaux sont en rythme de croisière. « Les incidents de 2017 montrent que les pirates somaliens gardent la capacité d’attaquer des navires marchand à plusieurs centaines de kilomètre de leurs côtes » s’inquiète Pottengal Mukundan, directeur du BIM.

Le mode opératoire distingue d’ailleurs les actes de piraterie d’Asie et ceux d’Afrique. En Asie, la majorité des attaques se font sur des bateaux à l’ancre. Tandis qu’en Afrique, plus de 60 % de la piraterie s’effectuent sur des navires en navigation.

Un nombre de décès en hausse

Le dernier endroit du monde touché par les actes de piraterie est l’Amérique du Sud avec 24 actes notifiés dans le rapport. C’est le Venezuela qui capte la majorité de ces attaques au nombre de douze, suivi par la Colombie.

Si la piraterie commise dans le monde a globalement diminué en 2017, elle a aussi connu un léger pic meurtrier avec trois décès enregistrés alors qu’il n’y en avait pas eu en 2016 et seulement un en 2015.

Info du Ministère des affaires étrangères concernant la piraterie maritime

Si la piraterie semble globalement contenue dans l’océan Indien, depuis près de deux ans, des groupes pirates y demeurent actifs et le risque de résurgence de cette menace restera fortement prégnant tant que la situation économique et politique ne sera pas résolue en Somalie. Parallèlement, le risque s’accroît dans le golfe de Guinée, principalement au Nigéria, avec des modes d’actions plus agressifs et une forte extension de leur rayon d’action. Les réseaux de pirates se maintiennent aussi dans le détroit de Malacca, et dans le sud de la mer de Chine méridionale.

Nature de la menace

La piraterie maritime moderne prend indifféremment pour cibles des navires de commerce et de pêche ou des bateaux de plaisance, dont des voiliers, particulièrement lents et vulnérables, sans attention particulière pour le pavillon (la nationalité) du navire attaqué. Ces actions sont généralement violentes, les pirates n’hésitant pas à se servir de fusils d’assaut ou de lance-roquettes et à exercer des pressions sur les équipages pour obtenir gain de cause. Elles se produisent d’abord en pleine mer mais également dans les ports, aux points de mouillage et le long des côtes. Le but des pirates est de prendre le contrôle du navire attaqué, pour ensuite s’approprier tout ou partie des cargaisons, et/ou négocier une rançon contre la libération du navire et de son équipage.

Les prises d’otages sont de plus en plus fréquentes dans le golfe de Guinée, et constituent toujours un risque non négligeable pour les navigateurs croisant l’océan Indien. Les périodes de captivité durent plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et sont très éprouvantes. Plusieurs cas de décès ont même été recensés, dans les deux principales zones menacées par ce phénomène. S’agissant de la piraterie dans l’Océan Indien, la durée moyenne de détention est supérieure à six mois. Au 1er mars 2015, 26 marins étaient encore otages dans la région. Le dernier incident concernant un concitoyen remonte à septembre 2011 : il a donné lieu à la mort de l’un des plaisanciers et au sauvetage in extremis, par la force européenne « Atalante », de son épouse.

Principales zones à risque

Dans le golfe de Guinée, les zones à très fort risque sont :

  • Le fond du golfe de Guinée entre la frontière Libéria-Côte d’Ivoire et la frontière République démocratique du Congo-Angola. Les zones à risques sont : les eaux territoriales et le large (100 mille nautiques) de la Guinée, de la Sierra Leone, du Libéria et de l’Angola.

En Océan Indien, les zones à très fort risque sont :

  • Le Golfe d’Aden dans son ensemble (y compris la partie méridionale des eaux territoriales du Yémen et d’Oman), et le bassin somalien, le golfe du Bengale, notamment les côtes méridionales du Bangladesh et la côte birmane. Les zone à risque sont : la mer Rouge, le reste de l’Océan Indien jusqu’au canal du Mozambique, et la zone comprise entre les Seychelles, les Maldives et les Laquedives.

En Asie du Sud-Est, les zones à très fort risque sont :

  • Le détroit de Malacca, les eaux situées à l’ouest de la Malaisie péninsulaire et le long des côtes de Bornéo (côtes du Sarawak, du Sabah et du Brunei) ainsi que les eaux séparant les Philippines de l’état malaisien du Sabah (mer de Sulu notamment). Les zones à risque sont : le golfe de Thaïlande, et toutes les eaux séparant le Vietnam, les Philippines et le nord de Bornéo situées au sud de 10° de latitude nord, les mers de Java, de Banda et des Celebes.

En Amérique, les zones à risque sont :

  • Les eaux territoriales du Pérou, la mer des Caraïbes, et les côtes bordant les Highlands Brésiliens.

Conseils généraux

Les navigateurs doivent :

  • s’informer auprès des ambassades et consulats français et des autorités portuaires ou maritimes compétentes avant d’entreprendre une navigation ou une traversée ;
  • s’inscrire au contrôle naval volontaire en Océan Indien, dans le golfe de Guinée et en Asie du Sud-est (Courriel : centcoopnav@marine.defense.gouv.fr) ;
  • prendre systématiquement contact avec les commandants des zones maritimes concernés avant et pendant toute traversée dans une zone de risque :
  • s’assurer que leurs moyens de communications (valises satellites, radio HF…) et que les moyens électroniques du bord (GPS, balise d’alerte, radar…) fonctionnent ;
  • informer une personne restant à terre de la route qu’ils comptent emprunter, lui laisser un document qui présente le voyage initialement prévu, la composition de l’équipage, les caractéristiques du navire et ses moyens de communication ; tenir régulièrement informée cette personne restée à terre de la position et convenir des jours et heures des contacts téléphoniques ou par courriel ; laisser une consigne claire visant à prévenir la gendarmerie ou la police nationale ;
  • maintenir une veille permanente anti-piraterie 24h sur 24 ;
  • ne pas mouiller trop près des côtes dans les zones sensibles ;
  • éviter le cabotage de nuit et la navigation isolée ;
  • rester discret lors des escales sur le programme (dates, parcours) ;
  • assurer des tours de garde dans les ports les plus sensibles.

Carte de la répartition des actes de piraterie maritime

 

Géographie des incidents et conseils spédifiques

  • Extrême Orient, Asie du sud-est, sous-continent indien

En 2014, 183 attaques se sont produites dans cette zone. 85 % des attaques ont eu lieu de nuit et les principales cibles sont les navires de commerce (pétrolier, vraquier et remorqueurs avec barge) au mouillage ou navigant à faible vitesse. Dans la majorité des cas, les brigands cherchent à voler du matériel facile à revendre : biens de l’équipage, outils et pièces de rechange, pots de peinture,…. (dont 80 % se sont produites au mouillage).

Elles affectent principalement :

    • Indonésie : Tanjung Priok – Jakarta, Dumai, Belawan, Balikpapan, Taboneo, Muara Jawa, Samarinda, Nipah sont les ports les plus risqués. Les pirates portent en général des couteaux et machettes, occasionnellement des armes à feu ; ils attaquent essentiellement de nuit. Beaucoup d’attaques dans la zone ne sont pas rapportées.
    • Détroits de Singapour et Malacca et mer de Chine du Sud : le nombre d’attaques a chuté dans la zone suite à la mise en place depuis 2005 de patrouilles régulières par les États bordant le détroit. Néanmoins, les incidents demeurent récurrents dans le détroit de Singapour et plus particulièrement aux ouverte Est et Ouest du détroit. Il est recommandé aux navires de maintenir une vigilance constante lors de leur passage, la détection précoce des brigands et le déclenchement. Les incidents rapportés en mer de Chine du Sud se réduisent en nombre mais sont plus en plus inquiétants.
    • Le groupe terroriste Abbu Sayyaf est présent dans les archipels de Sulu, Jolo et Tawi-Tawi, ainsi que dans l’île de Basilan, et est actif en mer de Sulu et en mer de Célèbes, sur les côtes du sud de Palawan et de l’ouest de Mindanao, jusque sur les côtes du Sabah (Malaisie). Les îles de la région ont été le théâtre d’enlèvements de la part de groupes terroristes philippins ou de bandes criminelles malaisiennes pouvant entretenir des liens avec eux.
    • Bangladesh : La plupart des attaques se concentrent sur les points de mouillage autour de Chittagong. Bien que le nombre des attaques ait chuté récemment, la zone reste à haut risque.
  • Afrique et Péninsule arabique
    • Golfe de Guinée : en 2014, on y a recensé 104 attaques. Les principales zones de danger sont : les côtes du Nigéria concentrent 60% des attaques mais la menace se disperse actuellement d’est en ouest. Elle s’éloigne également des côtes. Les zones portuaires (Lagos, Port-Harcourt, Calabar et plus récemment Abidjan, Lomé) sont vulnérables. Les attaques peuvent également se produire le long des côtes ou en remontant les fleuves. Toutes les eaux nigérianes sont donc très dangereuses. Les pirates sont le plus souvent bien armés et sont particulièrement violents. Ils détournent les bâtiments et ont pour but de piller les navires ou leur cargaison mais aussi de kidnapper certains membres d’équipage. Les attaques sont de plus en plus sophistiquées. Il est fortement déconseillé de naviguer en particulier dans le Delta du Niger.
    • Golfe d’Aden - Somalie - Ouest et Nord Seychelles : aucune attaque réussie n’a été recensée depuis mai 2012 par le BMI. Toutefois, si les attaques ont considérablement diminué, les navires doivent continuer d’appliquer toutes les mesures de vigilance.

Trafic maritime commercial

Les armateurs et commandants de navires doivent s’inscrire au Contrôle Naval Volontaire français en océan Indien, impérativement déclarer leurs mouvements auprès de l’opération de l’Union européenne Atalanta, en s’enregistrant auprès du MSCHoA, et transiter par le corridor internationalement reconnu (IRTC). Dans la perspective d’une traversée dans la zone à risque, ils sont invités à prendre connaissance des bonnes pratiques (appelées BMP 4 www.mschoa.org) et à les respecter stricto sensu.

Navigation de voiliers

Elle reste formellement déconseillée dans la zone. Les navires bas et lents sur l’eau sont les plus vulnérables à des actions d’abordage hostiles.

Tout transit entre le cap Guardafui et Socotra est par ailleurs à proscrire.

      • Il est impératif de répondre à toute interrogation sur VHF émanant d’un bâtiment ou d’un aéronef militaire et de suivre les éventuelles consignes de cinématique, celles-ci tiennent compte des dernières attaques recensées ;
      • À bord des grands voiliers, les mesures préventives (lance à incendie, dispositif sonore, entraves pour l’accès à bord…) doivent être activées, en veillant à ne pas exposer le personnel à portée de tir des pirates ;
      • L’alerte doit être donnée par tous les moyens de transmission disponibles. Outre l’appel sur la VHF 16 ou l’activation d’une balise de détresse, le navigateur doit chercher à contacter ses correspondants par téléphone cellulaire ou satellite ou encore par courriel.
      • Contacts "urgence" pour la navigation dans le golfe d’Aden et l’est de la Somalie :
  • Golfe Persique

Couramment, des signaux et appels sont émis par de petites embarcations. Certains navires ont été poursuivis sur de courtes distances.

  • Amérique du sud et centrale, mer des Caraïbes

Les 17 attaques répertoriées par le BMI en Amérique du Sud en 2013 affectent ses deux façades océaniques ainsi que les Caraïbes.

  • Brésil

Le nombre d’attaques a décru dans la région de Santos. La vigilance doit cependant être maintenue.

Pérou

Des attaques peuvent avoir lieu, essentiellement contre des navires de fret faisant escale au port de Callao.

Mer des Caraïbes

Les bateaux de plaisance sont des cibles privilégiées. Des actes de piraterie, parfois violents, ont été enregistrés ces dernières années. Leur diminution est due à la prise en compte du risque élevé encouru par les navigateurs dans les eaux vénézuéliennes.

 

Le site noonsite.com enregistre tous les incidents rapportés depuis les 10 dernières années et peut être utile pour organiser des convois de bateaux pour traverser les zones dangereuses.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter sur ce site les fiches "conseils aux voyageurs" des pays qui vous intéressent, le site de la Chambre de Commerce Internationale ou le site de l’Organisation Maritime Internationale.

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